La teinture que j’aime est exclusivement à base de plante , elle est écologique et éco-responsable. Elle ne fait aucun dommage ni à l’environnement , ni à la peau. C’est un but à atteindre , un ideal vers lequel je tends et auquel je travaille depuis plusieurs années .
Je n’utilise jamais d’alun, de sulfate de cuivre, d’ammoniaque, encore moins d’étain , de chrome ou d’acide sulfurique ou tout autre métal ou substance toxique. Le seul métal que j’utilise est le fer , je m’applique à le diluer à l’extrême et je suis en train de faire des recherches pour l’éliminer totalement de mon travail. je ne mets aucun plastique dans mes bundle , même pas ceux qui sont conçu pour resister à la chaleur.
Cela m’a valu de solides inimitiés mais personne ne m’empechera de dire que l’alun est une substance toxique. S’il fallait une seule preuve , il est interdit de déverser une solution contenant de l’alun dans l’évier , il faut la confier aux camions de produits toxiques qui passent à certaines dates dans les municipalités. Avec mes éco-print, je fais des vêtements et des accessoires que je vends, je me refuse donc à utiliser pour ces créations des produits qu’on ne peux même pas déverser dans un évier.
Ceux qui utilisent les métaux (alun, cuivre, étain, chrome etc) vantent leurs qualités de mordants et de solidité de la teinture et prétendent souvent ne pas pouvoir faire autrement. C’est faux …les métaux sont juste une solution de facilité pas forcément toujours durable . Les fibres proteiniques (soie, laine etc) et la viscose n’ont souvent pas besoin de mordants métalliques et peuvent parfaitement imprimer sans. Quand aux fibres cellulosiques , on peut utiliser des mordants non toxiques tout aussi efficaces , cela demande juste un peu de recherche et de travail , je pense au lait, lait de soja , acide oxalique, l’oeuf, etc . India Flint a dressé dans son premier livre sur l’éco print une liste trés interessante des alternatives écologiques aux mordants metalliques. Elle ne donne pas de recette , il faut chercher et travailler pour trouver.
La teinture à l’alun a un autre défaut , elle a popularisé une liste de plante dite “grand teint”, une autre liste dite “petit teint”. Beaucoup classent et utilisent les plantes en fonction de ces listes ce qui quand on utilise pas d’alun n’a plus aucun sens. Je connais des “grand teint” qui passent et des “petits teints” qui résistent . Il est trés important quand on fait de la teinture végétale d’essayer toutes les plantes que l’on a autour de soi sans se laisser influencer par les livres de teinture et ce qu’on peut lire sur le net, on découvre ainsi de nombreuses plantes tinctoriales qui donnent des couleurs solides sans besoin d’y ajouter métaux ou substances de synthése
Beaucoup me disent “mais pourquoi s’empecher d’utiliser ces produits si pratiques , aprés tout ce sont de minuscules quantités sans importance” . On sait desormais que dans la survenue de certaines maladies ou degénerescence ce n’est pas la quantité de substance toxique qui compte mais les combinaisons et interférence entre produits . J’applique donc un principe de précaution.
D’autres me disent que les métaux ou les plastiques peuvent être dangereux absorbés mais pas forcément sur la peau. On a pensé trés longtemps que la peau était une barrière imperméable , que les agressions ne passaient que par le systéme respiratoire ou digestif mais face à la montée dramatiques des allergies et des cancers , on a fini par s’interesser à la capacité d’ingestion de la peau et de nombreux composants de cosmétiques ont été interdit. Malheureusement , ces même produits sont parfois présents dans la teinture de nos vêtements.
Certains me disent que l’éco-print n’est de toute façon pas une teinture écologique et éco-responsable puisqu’elle utilise un chauffage intense , c’est vrai , c’est pour ça qu’on est quelques unes à travailler sur des méthodes à froid.
D’autres enfin me rétorquent que les plantes peuvent être elle même des substances toxiques. J’ai banni des plantes que j’emploie les plus toxiques et je vérifie soigneusement la toxicité de chaque plante que j’emploie. Il est important de savoir que la plupart des plantes ont un taux de toxicité à un seuil trés élévé. Par exemple la feuille de rhubarbe et réputée comme toxique et même mortelle quand on l’ingére. C’est vrai et faux , la feuille de rhubarbe n’est toxique et même mortelle que si on n’en mange plusieurs kilos et à condition d’être fragile des reins. Je n’emploie à chaque fois que trés peu de feuille et mes bains de teinture sont en général trés peu chargé en plante. Toujours par principe de précaution.
Je suis souvent trés choquée des procédés dit d’”éco-teinture” que je vois sur le net et qui n’ont d’écologique que le nom , de l’éco-print Frankenstein comme :
– la vente de vêtements ou d’accessoires qui ont été teinté à l’aide de produits toxiques et qui sont vendues comme teinture “écologique”
– l’emploi de tout les métaux que j’ai dejà cité sur des stages qui sont pourtant annoncés comme “éco-responsables” ,
-la présentation de technique d’écoprint comme le saucissonage à base de plastique de bouteille ou de congélation (plastique qui va cuire à haute température et degager par inhalation ou par des residus sur le tissus un ensemble de substances toxiques). Ce type de principe de teinture est dangereux et n’a rien d’écologique.
On peut se dire que chacun fait ce qui lui plait et peut s’empoisonner en paix mais la diffusion sur internet a un impact, de nombreuses personnes y recherchent des recettes rapides et non prevenues des dangers encourus peuvent subir un risque pour leur santé. L’éco-print est mon métier , ce n’est pas juste un passe temps pour moi, ceux qui emploient des méthodes irresponsables en pervertissent les valeurs et peuvent altérer la confiance de ceux qui achétent leur produits ou leur stage, voilà pourquoi j’ai décidé d’en parler aujourd’hui .

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